La folie des élections

Dimanche, vous n’êtes pas sans savoir que c’était les élections municipales partout en France (ou alors vous vivez dans une caverne, loin, très loin).

Alors je me suis dit, histoire de continuer à vous raconter mon travail (comme ), et si je vous racontais cette (longue) journée d’élections ? Ce n’était pas prévu comme ça, mais pendant le mois de mars je me suis retrouvée de nouveau à la tête de la locale d’Avranches.

J’ai donc fait le suivi de la campagne et du scrutin (un seul tour ici, avec seulement deux candidats, contre six pour mon collègue de Granville).

Une élection locale, c’est quelque chose de très intéressant à voir. Déjà, étant donné que nous sommes sur de petites villes (Avranches fait à peine 8000 habitants), les candidats tiennent très fort à leur « sans étiquette ».

Pourquoi ça ?

Et bien tout simplement parce qu’ils ne veulent s’aliéner personne parmi leurs potentiels électeurs et, aussi, parce que les listes regroupent souvent des personnalités très différentes (genre un UMP et un syndicaliste dans la même liste quoi).

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Mais concrètement, qu’est-ce que j’ai du faire, moi, en tant que journaliste, pour suivre tout ça ?

Plusieurs étapes.

D’abord, suivre la campagne de tout le monde, transmettre leurs professions de foi aux (é)lecteurs. Et enfin, le point d’orgue, la journée des élections. Sachez que cette journée a été très longue. J’étais sur le pont dès 7h45, pour ne pas louper le premier candidat (qui a mis son bulletin dans l’urne dès 8h). Ensuite, retour au bureau, montage de la mini-vidéo du candidat en train de voter, premier article sur le site Internet pour donner l’ambiance du matin.

Jusqu’à 10h30, tout est plutôt calme, on regarde un peu ce que les collègues postent, les correspondants locaux m’apportent ou m’envoient par mail des photos des différents bureaux de vote de ma zone. J’en profite pour rédiger un article de la semaine qui trainait.

10h45, retour au bureau de vote, pour le second candidat (bah oui, équité de traitement tout ça), lui aussi a droit à sa petite vidéo et son article en ligne, complété du taux de participation à 12h.

Heure de midi, mise à jour des articles en ligne, mes parents, qui ont pitié de moi, m’ont apporté à manger au bureau. Les correspondants continuent à m’envoyer photos et infos, les taux de participation, oh tiens, une des petites communes tape les 90% de participation à midi. Tout ça remplit bien l’après-midi.

Vers 16h, retour au bureau de vote, pour constater qu’il est plutôt déserté. Le taux de participation qui était meilleur qu’il y a 6 ans est maintenant en dessous. Je me rabats vers mon bureau, nouvelle mise à jour.

17h45, dernier retour au bureau de vote. Les derniers retardataire déposent leur bulletin, le dépouillement s’organise. Vivre le dépouillement aux côtés des candidats est quelque chose d’assez intense. On sent l’euphorie d’un côté, la déception de l’autre…

19h39, la radio m’appelle pour que je donne le taux de participation. J’étais censée donner la tendance du vote, mais pas le temps.

20h, le résultat est proclamé. Chaque candidat fait son petit discours, je filme le tout. Je transmets les chiffres au community manager pour que la radio puisse les annoncer, je rappelle aux candidats qu’ils sont invités à mon bureau pour être mis en liaison avec la radio et je file.

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Arrivée au bureau, je dois gérer en même temps l’écriture de mon article en ligne pour donner le résultat, le montage de ma vidéo avec les discours et l’arrivée des candidats au bureau. Ils profitent de l’îlot de calme que je leur offre pour se remettre de leurs émotions.

21h, c’est l’heure, je les installe avec casque et micro. Forcément, je me suis plantée sur un réglage, petit soucis technique, mais on arrive à s’en sortir. Les candidats font leur intervention.

21h30, ils repartent, chacun vers leurs occupations. Ma journée à moi n’est pas finie. Petit à petit les correspondants m’envoient les résultats de chaque canton, je mets tout ça en ligne, je finis d’encoder ma vidéo. J’ai les collègues au téléphone aussi, parce que le résultat chez moi est surprenant et que tout le monde veut en savoir plus.

22h30, j’ai enfin posté tout ce que j’ai à poster. Je range tout et je peux rentrer à la maison.

23h30, je suis dans mon lit, encore en train de vérifier que je n’ai rien oublié sur le site internet, à me remettre du stress que j’avais développé dès la veille de cette journée importante. Mais il est temps de dormir, le lendemain matin je dois boucler et être au bureau dès 8h30.

Voilà, je crois que vous avez le compte-rendu de ma journée de folie… J’avoue que mardi soir, alors que mon contrat se terminait, j’étais rincée.

Mais quand mon rédac’ chef m’a appelé pour m’annoncer qu’ils m’offraient la direction d’une locale, j’ai eu comme un regain d’énergie. Bon, du coup, je n’ai pas les vacances dont j’avais rêvé et seulement cinq jours mais, soyons honnête, ce métier, je ne l’échangerais pour rien au monde.

Publié par

lnleforestier

J'ai attrapé le virus de l'écriture il y a bien longtemps, depuis je n'ai jamais réussi à m'arrêter... et je suis même devenue journaliste !

2 réflexions au sujet de « La folie des élections »

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