Je suis journaliste

Après ce qui s’est passé hier, cette horreur sans nom, ce massacre, je savais que je voulais réagir.

Seulement, je ne savais pas comment. Il y avait le hashtag #jesuisCharlie mais il me gênait.

Déjà, j’appartiens à une autre rédaction.

Ensuite, non, je ne suis pas Charlie, il y a trop de choses qui me gênaient avec cette publication.

L’horreur était bien là.

Je crois que je me souviendrai longtemps de ce mercredi 7 janvier 2015, que j’ai passé fascinée devant iTélé à essayer de comprendre. Comprendre comment des gens qui font le même métier que moi ont pu mourir ainsi.

Comment, alors qu’ils étaient en conférence de rédaction, ils ont été tués.

J’ai fait un tour en ville. Quelle drôle d’idée… Les commentaires des gens, la curiosité morbide…

Moi je n’avais qu’une envie, celle de pleurer.

Je suis journaliste.

Mon métier, c’est de transmettre l’information et d’aider les lecteurs à la comprendre.

Je suis journaliste, je ne veux de mal à personne.

Je suis journaliste, je ne veux pas qu’on lynche les coupables.

Je veux qu’ils aient un procès équitable. Je veux que l’on voit à quel point il est insupportable que les roquettes répondent au crayon.

Je veux aussi que l’on montre qu’il y a des hommes derrière cette horreur.

Pas une religion, pas un groupe de gens, juste des hommes.

Je ne veux pas que certains en profite pour afficher leur haine.

Je ne veux pas qu’on utilise la mort comme prétexte pour dire tout haut le racisme qu’on pense tout bas.

Encore une fois, je suis encore dans l’émotion.

Parce que c’est la presse qui a été attaquée. Parce que jamais l’humour ne devrait trouver une réponse dans le meurtre, aussi moisi cet humour soit-il.

Alors oui, nous en faisons peut être trop, nous les journalistes.

Mais nous avons peur et nous refusons que cette peur nous abatte.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *