Le privilège de l’orthographe

On est tous le privilégié de quelqu’un d’autre. Je sais, ça fait très consensuel dis comme ça mais je n’ai jamais eu peur des lieux communs, surtout quand ils sont vrais.

Je ne vais pas tout vous expliquer, parce que je ne saurais pas faire et c’est très bien dit ici (le journaliste est paresseux, il utilise le travail des autres, c’est connu).

Bon, pourquoi cet article maintenant ?

Suite à une discussion sur Twitter, je me suis rendue compte que je prenais part moi aussi à une oppression. Celle de la sacro-sainte orthographe. D’une, je suis une grammar-nazi et de deux, en gros, quand les autres sont nuls en orthographe (je ne prétends pas être parfaite hein, mais j’ai de la chance), soit je trouve qu’ils sont nuls, soit j’ai pitié.

Ce qui EST une attitude oppressive.

Je croyais, naïvement, que mon application de l’orthographe était instinctive, que j’avais « quelque chose » qui faisait que j’étais bonne. Ce qui est une belle façon de se dédouaner n’est-ce pas ?

« Je n’y peut rien si je suis bonne, je suis comme ça et puis voilà. » Sauf que tout à l’heure, on m’a fait regarder la réalité en face. J’ai toujours vécu entouré d’écrit. Depuis que je sais lire, j’ai eu accès à autant de livres que je voulais (merci l’abonnement à la bibliothèque) et, moins courant, tout ce que je regardais à la télé était sous-titré : le journal, les téléfilms de TF1, les séries américaines, tout.

Parce que mon papa est sourd et que, du coup, nous avons toujours eu le télétexte. Donc, non seulement je voyais le texte mais je l’entendais, ce qui, je pense, m’a aidé à intégrer pas mal de choses.

Bref, aucun privilège n’est inné, il se construit, tout au long de notre vie. Je ne dis pas que je le rejette, non. Je dis juste que nous ne devons pas nous en servir pour écraser les autres. Et prendre conscience de ça est déjà un premier pas en avant.

Edit du 25/01/2014 : On me signale cet article, qui va bien plus loin que moi.

Publié par

lnleforestier

J'ai attrapé le virus de l'écriture il y a bien longtemps, depuis je n'ai jamais réussi à m'arrêter... et je suis même devenue journaliste !

Une réflexion sur « Le privilège de l’orthographe »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *