Les Misérables : un mythe national à la moulinette d’Hollywood

Il était attendu depuis un moment celui-là, et j’étais bien décidée à le voir. Outre-atlantique, la comédie musicale est un monument, chez nous, l’oeuvre de Victor Hugo est du domaine de la légende nationale, un peu comme l’Eneïde pour les Romains (oui, rien que ça). Bref, Les Misérables étaient attendus ! J’ai enfin trouvé un peu de temps pour me poser et regarder le film. Première constatation, c’est long.. Plus de 2h30. Est-ce qu’un jour les cinéastes arrêteront de faire des films aussi longs pour revenir aux bon vieux films d’1h30 ? Bon, en l’occurrence, vu la densité de l’histoire (et ne parlons pas de l’épaisseur du livre), j’avoue, j’avoue, je comprends la longueur…

Ils ont soigné la photo par contre, je trouve c e visuel superbe
Ils ont soigné la photo par contre, je trouve ce visuel superbe

Je vous épargne le résumé de l’histoire, vous avez de grandes chances de connaitre (sauf si vous avez vécu toute votre vie dans une caverne, dans ce cas Wikipédia est votre ami). Passons donc à mon petit avis sur la chose. J’ai trouvé ça long… Je veux dire, au-delà de toute considération temporelle, l’idée de transposer la comédie musicale sur grand-écran était surement attendue, vu son succès, mais était il nécessaire de reprendre toutes les chansons ? Quitte à choquer les puristes, je n’aurais pas été contre une modernisation de certaines chansons… Et puis, le livre se voulait une fresque sociale de la France du XIXème siècle, là, il y a beaucoup de place accordée à l’histoire d’amour et à Cosette (alors que franchement, elle sert pas à grand chose la Cosette au final…). Et je suis déçue, Gavroche ne chante même pas sa chanson fétiche (pour mémoire : Il est tombé par terre, c’est la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Rousseau.) Ah et que quelqu’un dise au réalisateur que l’abus de gros plan nuit à la rétine. Ok, l’histoire est dramatique, il y a plein de gens qui meurent et les acteurs sont à fond dans leurs personnages, mais systématiquement les filmer en gros plan aux moments les plus intenses n’était pas forcément nécessaire. Pour le coup, j’avais un peu l’impression que chaque gros plan s’accompagnait d’un écriteau proclamant « là, c’est émouvant, pleurez ».

Casting de luxe tout de même...
Casting de luxe tout de même…

Il y a quand même des choses que j’ai bien aimé. Russell Crowe en tête. J’ai adoré son Javert, homme de devoir, qui finit par se rendre compte que quelque chose ne tourne pas forcément rond. Tellement obnubilé par sa tâche qu’il en oublie tout sens commun, inévitablement, quand il se rend compte qu’il s’est peut être fourvoyé, l’issue ne peut être que fatale. Sinon, la scène de la barricade a fait vibrer ma corde patriotique. Oui, la France a en elle cette révolte, cette passion qui nous a permis de renverser des régimes absolus (c’est beau quoi). Sacha Baron Cohen et Helena Bonham Carter en Thenardier n’étaient pas mal du tout, dommage que leurs personnages soient si proches de ceux qu’ils campaient dans Sweeney Todd, on est à la limite de se demander si Johnny Depp ne va pas venir leur couper la gorge ou si Madame Burton ne va pas nous faire une tourte à la viande (ah non, on est à Paris, pas à Londres, mes confuses).

Cette barricade, mais cette barricade !!
Cette barricade, mais cette barricade !!

Pour conclure, je dirais que j’aurais peut être un peu plus apprécié le film dans une salle obscure (mais c’est pas sur ^^). Je comprends les critiques que j’ai lu par ci par là, il manquait un je ne sais quoi dans ce film pour lui donner plus de force, la conviction des acteurs n’a pas suffi… Dommage pour Tom Hooper, la recette qui avait si bien fonctionné pour le Discours d’un roi (faire faire tout le boulot à l’acteur principal, aaah Colin…), ne s’adapte pas vraiment au format fresque à grand spectacle.

Publié par

lnleforestier

J'ai attrapé le virus de l'écriture il y a bien longtemps, depuis je n'ai jamais réussi à m'arrêter... et je suis même devenue journaliste !

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